Saturday, January 16, 2010

Parque Nacional Copahue (Français)


Le début du sentier

Puisque Zapala sera une ville à laquelle je reviendrai 3 fois durant mon itinéraire, j'ai choisi d'y rester dans un hôtel très proche de la station de bus. Je suis donc partie après avoir déjeuné (les éternelles media lunas, des petites brioches sucrées en forme de croissant) pour les 3.5 heures qui me mèneraient au village de Copahue, connu pour ses bains de souffre. Beaucoup de gens y vont pour leurs allergies, maladies pulmonaires et autres maux.

Nous sommes arrivés vers 13h30. Je me suis acheté une canette de thon que j'ai mangée avec un bout de pain, trop impatiente de commencer la marche, et après avoir avertie la Gendarmeria de mon itinéraire et heure prévue de retour, je suis partie.


La première partie du trek est à travers un grand sentier de pierres volcaniques et de petits semi-marécages jusqu'à atteindre un endroit d'où on a une superbe vue sur le volcan et un des lacs qui l'entoure.
Il faut ensuite descendre, longer le lac, puis, là où il se deverse dans un autre lac (d'où le nom des lacs jumeaux), traverser la rivière, ce que j'ai du faire en enlevant mes chaussures et en souhaitant avoir mes sandales d'eau avec moi, ouch! Une fois de l'autre côté, on atteint la partie accessible en voiture, et donc plus fréquentée.

Bien sûr, ce trek est normalement entrepris le matin, alors en montant, j'ai rencontré beaucoup de gens qui redescendaient. Les premiers étaient des gens en paires, indépendant, surtout des jeunes hommes, et aussi un père avec ses deux jeunes fils. Comme c'est souvent la coutume, tout le monde s'arrête et se parle quelques secondes, ceux qui reviennent donnent des indications sur le sentier, des approximations d'heures. J'étais partie avec mon sac entier, planifiant camper à quelque part sur place, je croyais bien pouvoir dénicher un endroit suffisamment plat pour parvenir à y caser ma petite tente. Ces premières personnes étaient toutes très encourageantes, j'ai même eu droit à des commentaires flatteurs de deux argentins qui semblaient prêts à m'accompagner, quelle galanterie.

Un peu plus haut, par contre, j'ai rencontré des groupes avec leurs guides. Souvent, ce sont des gens plus craintifs, moins expérimentés et surtout, plus facilement affolés. La vue de cette femme seule qui grimpait, avec un sac 5 fois plus gros que le leur, plus vite qu'ils ne descendaient (et pourtant, on ne monte pas vite en montagne, mais tout doucement) les a ébahis. Ils se sont tous tassés pour me laisser le chemin libre (une coutume courante en montagne, de céder le chemin aux gens qui montent), et je me suis sentie rougir jusqu'à la racine des cheveux en passant parmis eux et leurs yeux incrédules. Le guide qui fermait la marche m'a quand même arrêtée deux petites minutes le temps de s'assurer que j'avais bien averti la Gendarmerie, et afin de connaître mon itinéraire. Il m'a aussi dit où serait le dernier endroit où je pourrais trouver de l'eau potable, une information bien appréciée puisque je voulais en apporter aussi peu que possible pour alléger mon sac mais suffisamment pour ne pas avoir soif. Connaître le dernier point permet de bien planifier les choses.

Après ce dernier groupe, je n'ai plus vu personne. Je marchais depuis environ 3 heures, et m'arrêtais souvent une seconde ou deux pour regarder derrière moi, fixant le paysage dans mon esprit pour pouvoir retrouver mon chemin plus tard, et aussi pour m'approcher de sites éventuels où je pourrais rester camper. Le parc, par contre, est fait de pierres volcaniques en grandes quantités, et même là où c'était plat, ça ne promettait pas le grand confort...

Je suis arrivée au dernier point d'eau, deux petits ruisseaux formés par la neige qui fondait, 4 heures après mon départ. Pour la dernière partie, qui était plutôt à pic, j'ai choisi de cacher mon sac derrière une grosse roche et de continuer avec un petit sac contenant eau, un peu de bouffe, vêtements chauds, boussole et, ainsi bien plus légère, je me suis attaquée à la dernière partie, tentant autant que possible de marcher sur la neige, rendue bien adhérante par le soleil, plutôt que la cendre volcanique impossible sur laquelle on recule de 3/4 de pas pour chaque foulée.


Le vent s'était accentué sur cette partie exposée, et malgré le fait que j'étais maintenant à l'ombre, je ne pouvais enlever mes lunettes car je recevais trop de poussière dans les yeux. Je gardais un oeil sur ma montre. Il fait assez clair pour y voir jusqu'à 22h à ce temps-ci de l'année, et je m'étais fixé comme heure limite de retour 19h.

Une forte odeur de souffre m'avertit que je m'approchais du but, et à 18h53, ça y est! Un magnique cratère, formée il y moins de dix ans par l'irruption de ce volcan qui a mené à l'évacuation du village entier (qui fut tapissé de presque 5 mètres de cendres), et aujourd'hui rempli d'un lac d'où émanent des gaz nauséabonds, le tout encerclé de glaciers. Quelle splendeur! Je me suis approchée en extase, prenant un grand respir de satisfaction... qui m'envoya aussitôt par terre en train de tousser et larmoyer. Ces gaz attaques les voient pulmonaires, le corps réagit en fermant la trachée, pas commode pour respirer! Le visage près des roches, je reprennais mon souffle. À chaque quelques respirations, je retenais mon souffle pour pouvoir photographier et regarder, puis retournais au sol. Le vent soufflait fort, j'avais les yeux pleins de larmes (retenir sa respiration n'aidait pas l'irritation occulaire...) et je rêvais d'avoir pu rester plus longtemps pour tenter le sommet, à plus de 2 heures de marche encore. Mais je me contente de ce magnifique spectacle, à 2700 mètres.



Je ne suis restée que quelques minutes et me suis mise à redescendre. L'air est bientôt devenu plus respirable, et sur la cendre volcanique, il est rapide de bouger en ¨skiant¨. J'aurais mis 20 minutes à me rendre à l'endroit où j'avais laissé mon sac si je ne m'étais pas trompée. Trois minutes de descente avant que je me rende compte que je ne reconnaissais plus le paysage et de me convaincre que je nétais certainement pas passée par là et 22 minutes pour revenir au dernier endroit que je reconnaissais, bravo! Mais bon, au moins, je m'en suis rendue compte, et je me suis dit, c'est Claire qui serait fière de moi! Nous ne sommes toujours pas allées pratiquer les manoeuvres d'orientation apprises...

Une fois à mon sac, je me met à descendre. J'avais décidé que le meilleur endroit serait là où les gens stationnaient leurs voitures, après la traversée de la riviére. J'y suis arrivée vers 21h.

Mais mauvaises surprises, tous les endroits qui auraient pu être corrects étaient, je m'en suis rendue compte en m'approchant, couverts de vitre brisée. Du coup indignée de ce manque de respect envers la nature et un peu inquiète qu'autant de bouteilles de bières cassées se trouvent là (est-ce que c'est un endroit où les gens viennent faire la fête? Ça ne s'annoncerait pas reposant comme camping!), je me suis mise à penser. Remonter vers les derniers endroits que j'avais trouvés potables était hors de question. Après 7 heures de trek, j'étais trop fatiguée. Si je tentais de retraverser la rivière et retourner au village ainsi, la noirceur (il ne restait qu'une heure de clarté) me ferait sûrement m'égarer. En étudiant ma petite carte, j'ai vu que le chemin sur lequel je me trouvais, pratiquable en 4-4, menait à la route. Alors, j'ai bien honte de le dire, j'ai pris la route... pour une autoroute!

Cela a pris 45 minutes, et au loin j'avais vu passer 3 voitures sur la route durant ce temps là. Faire du stop n'est pas dans mes habitues, mais une heure de marche dans la noirceur jusqu'au village ne me tentait pas plus. En m'approchant de la route, au loin je vois des lumières. Je sors ma frontale, et signale avec le mode clignotant. Ma réponse fut... des girophares! J'étais tombée sur la police provinciale, la SQ de la province de Neuquen! ESt-ce que tout va bien, madame, mon dieu, mais d'où sortez-vous?? Ils m'ont ramenée à Copahue, et durant les quelques minutes du trajet, se sont montrés de vraies mères poules! Maman, tu aurais été heureuse. Ils m'ont demandé si j'avais avertie la Gendarmerie, pourquoi je ne les avais pas appelés eux (je n'avais pas été mise au courant qu'il fallait les appeler eux aussi), si ma famille et mes amis savaient où j'étais, etc etc, et moi qui riait avec eux et qui étais bien contente de les avoir rencontrés.

Ils m'ont conduit tout droit au camping municipal derrière lequel commence le sentier. Avoir sur que j'atterirais là, je serais partie avec un sac léger! Quelle ironie! Merci Marcelo et Gustavo, les deux policiers, que j'ai par la suite entendu raconter à d'autres personnes du village que les femmes canadiennes, non seulement elles font du trek, mais elles aiment ça.

Ce matin, je suis allée refaire un petite ballade mais elle s'est terminée bien trop tôt. Dans le bus de retour, j'ai rencontré 3 jeunes argentins, et aprés 4 heures de route ensembles, je suis invitée à aller souper chez eux ce soir. Ce sont deux frères et le chum d'un des deux, chez leurs parents. J'ai bien hâte!

3 comments:

  1. Oui! Merci beaucoup Marcelo et Gustavo. Une chance qu'il y a des gens qui prennent soin des gens aventuriers comme ma fille.

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  2. Mamita, tiene que firmar los mensajes, como voy a saber que es usted sino?

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  3. Que d'aventures ma chère Carmen!

    Je suis bien contente de voir que tout s'est terminé pour le mieux.

    À mon tour de faire la mère poule et de te dire de faire attention tout de même dans tes prochaines aventures!

    Julie :)

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